A mon signal, amène le dessert!
(Ceci était à l'origine un commentaire sur l'article de Miss Poune, "Ma journée chez Mickey" .
L'ayant jugé trop long et ne voulant pas squatter son blog, j'ai décidé d'en faire un article de ce blog, c'est toujours ça de gagné...)
Comme je vous comprends madame Poune. Moi même, durant ma tendre enfance….Maximus m'avait offert pour mon passage en CM2 ce voyage vers la félicité des enfants aux grands yeux ébahis. Tout était merveilleux et je baignais dans un bonheur nappé de miel aux effluves de barbe à papa jusqu'à ce que cette fameuse parade arrive. Là mon père, Maximus, a vidé son 8eme bock de bière d'une lampée gourmande et m'a dit comme ça :
-« Un père doit la vérité à son fils Marcus. Et tu veux que je te dise ? Ben Mickey c'est pas ce que tu crois. Non. Là où tu vois des couleurs et des sourires sache qu'on cherche à te vendre quelque chose. Là où l'on t'entraîne dans une fête sans fin qui ressemblerait à ta vie il faut que tu t'attendes à travailler et suer sang et eau jusqu’à ta maigre retraite pour espérer ne serait-ce que pouvoir accéder à une vie à peine décente qui te permettra, peut-être, peut-être, d’emmener tes enfants assister obèses à ce spectacle obligatoire et débile qu’est devenu Disneyland. Vois-tu fiston, je sais que tu n’es pas très futé et qu’il est facile de te berner, comme tous les petits cons de ton âge, mais encore une fois, sache que sous le costume de cette souris déglinguée et cocaïnomane que tu adules, il y a un travailleur pauvre qui survit en ingurgitant de la mauvaise bouffe qui lui fait une peau grasse et la sueur odorante, un être qui n’aura de droit d’exister qu’à la condition d’accepter de danser comme un con des heures durant devant un public abruti et fatigué par des kilomètres de route, des heures de queue et une vie si triviale qu’on la dirait écrite par une plume trempée dans les sécrétions purul…» Mickey s’apprêtait à passer devant nous et mon père s’est arrêté tout net. Il a crié « Viens ici ordure !!! » en enjambant la barrière et s’est jeté sur lui. La suite a conduit Mickey à l’hôpital - 3 jours d’ITT, une oreille a demi arrachée - et mon père au commissariat d’Eurodisney, gardé à vue pendant 48 heures. Je suis rentré avec ma tante Emma qu’est venue me rechercher en pleurant suite à l’appel des policiers. Après ça plus rien n’a été comme avant – par exemple ma mère a demandé le divorce et s’est remariée avec un gendarme. Voilà. C’était il y a longtemps mais encore aujourd’hui je dois dire que lorsque quelqu’un – comme vous le faites si bien - évoque Mickey, le bonheur et les parents, je ne peux m’empêcher de repenser à cette grande leçon de lucidité et de courage politique que fût pour moi ce voyage à Eurodisney et d’être un peu submergé par la nostalgie. Ah, Papa!