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A mon signal, amène le dessert!

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L’esprit de Noël.

En ce jour particulier, Petit Tom se lève, il est né le jour de Noël et c’est aujourd’hui son anniversaire, il a huit ans. Les yeux encore collés du sommeil de la nuit mais le cœur bien éveillé, il descend doucement les escaliers de la maisonnée encore endormie. Ses petits pieds nus tâtonnent dans la pénombre du jour qui tarde à venir. Le voilà rendu dans la cuisine. Il doit être trop tôt et il ne trouve personne, ni Papa, ni Maman, ni son grand frère Gontran avec qui il partage tant de ses jeux d’enfants. Gontran a dix ans et tous les deux ils forment une belle équipe de chenapans comme dit Maman. Il faut les voir gambader dans le village et Madame Remugle, la gentille petite voisine d’à côté, se souvient encore de la frayeur que les deux chenapans lui ont causé l’autre soir. Maman les a un peu grondés, mais Papa a dit que d’après les examens elle ne souffrirait que d’une côte cassée et de quelques contusions au visage. Personne à la cuisine, personne dans la salle à manger, personne dans la véranda, personne dans la buanderie, personne dans l’arrière-cuisine, personne dans l’atrium, et personne non plus dans les waters. Il reste le salon, la grande et chaleureuse pièce de cette immense et luxueuse bâtisse bourgeoise du début du siècle où trône majestueux le grand sapin que Papa est allé lui-même couper dans la forêt pour faire honneur à l’esprit de Noël comme il l’avait expliqué à ses deux joyeux bambins deux heures durant quelques semaines plus tôt.
- « Vous savez les enfants, c’est important de respecter l’esprit de Noël. Elever un beau sapin, de belles boules multicolores et des guirlandes clignotantes n’est pas un acte anodin. Il y a de part le monde, et qui plus est en ce début de l’hiver, cette saison froide et tellement cruelle à l’égard des plus démunis, des tas de raisons de baisser les bras, et nombreux sont celles et ceux qui, à l’aune de leur engagement dans les forces républicaines…(..……/…...) … autant que ces ordures de communistes qui, moi vivant, entendez-moi bien, n’auront jamais, au grand jamais, droit de cité dans ce si charmant village qu’est notre famille ! Voilà, vous avez compris les enfants ? »
Tom et son frère Gontran s’étaient un peu endormis mais ils avaient acquiescé et salué la fin du discours courageux de Papa en lui déposant un baiser sur la joue, Tom se souvient encore qu’elle sentait la viande et piquait un peu. Il se souvient aussi d’avoir vu Papa partir à pied, un sac de graine sur le dos offrir à manger à tous les oiseaux de leur village, ce si charmant petit village niché au fond la vallée du Grand Schtouff, charmant à ce point qu’il avait moult fois remporté le prix du village fleuri et que son décor enneigé à flanc de montagnes servait d’illustration à de nombreuses cartes postales de Noël. Petit Tom était enfin arrivé dans le salon à présent, mais une fort mauvaise surprise l’y attendait. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le sapin avait disparu ! Comment cela était-il possible ? Etait-il en entrain de rêver ? De faire un horrible cauchemar ? Quelqu’un avait-il osé bafouer l’esprit de Noël et dérober le beau sapin que Papa avait eu tant de mal à ramener sur son dos sans se faire démembrer par les ours cruels et sauvages qui terrifient encore nos contrées ? Petit Tom sent son petit cœur se serrer, il n’est pas loin de se mettre à pleurer, lui qui est si sensible, si fragile en ce jour anniversaire si symbolique. Vite ! Le voilà qui court et monte comme il le peut de ses petites jambes les escaliers qui le mène à la chambre de Gontran, son grand frère adoré. Là encore, c’est l’incompréhension et Petit Tom peine à en croire ses yeux, Gontran a lui aussi disparu ! Sa chambre est vide, comme si un esprit malin l’avait vidée du lit et des jouets de son frère. Mais quelle est donc cette malédiction qui s’abat sur la maison, le jour de Noël, le jour de son anniversaire !!! Il frappe alors à la porte de la chambre de Papa et de Maman, il n’attend même pas la réponse, il est trop bouleversé, il entre et se précipite en pleurant de douleur et d’effroi dans le grand lit de ses parents.

-« Oh non, merde ! Qu’est-ce qui t’arrive encore ?
»
-« Papa, quelqu’un a dérobé l’esprit de Noël, on nous a volé notre beau sapin, mes cadeaux d’anniversaire ont disparu et Gontran et parti Papa, snif, sa chambre et vide ! Il n’y a même plus de lit, elle est vide et sale, les murs sont pleins de poussières et de saleté, j’ai même vu un énorme rat s’enfuir !!! C’est horrible Papa !!! »
A peine finit-il sa phrase en s’étranglant de larmes que voilà Petit Tom qui s’effondre tout sanglotant dans les bras musculeux de son Papa.
-« Bon écoute moi bien maintenant fils d’archevêque, j’en ai plein le derche de ces conneries.
Tu vas arrêter ces histoires, tu vas arrêter de chialer et tu vas m’écouter : Nous sommes le vingt trois juillet, il fait une chaleur à crever, tu ne t’appelles pas Petit Tom, tu t’appelles Patrick, tu es né le vingt mars il y a douze ans, tu es fils unique et nous habitons un appartement pourri dans la banlieue de Strasbourg. Ta mère fait les nuits comme vigile pour un supermarché, il est trois heures du matin et elle ne va pas tarder à rentrer. Et toi et moi savons de quelle humeur elle est quand elle a bu. Alors maintenant si tu veux pas qu’elle te remette une danse comme y a deux jours, tu retournes fissa dans ta chambre et tu dors. Et s’il te plaît, TU ARRETES AVEC CES PUTAINS DE LIVRES DE SALOPERIES DE CONTES DE NOEL !!!»

Les mots de Papa sont rudes aux oreilles de Petit Tom, son pauvre petit cœur est meurtri mais il sait aussi que l’amour sans exigence..
-« Qu’est-ce que je t’ai dis Patrick bordel !!! Je t’entends tu sais hein ! Arrête ton cirque et va dormir, je ne te le redirais plus ! »

...Les yeux de Petit Tom sont embués et le voilà qui retourne la tête basse et déçu par ce monde d’incompréhension vers sa chambre. Il sait dorénavant ce qu’il lui reste à faire. La route sera longue et difficile, sinueuse et semées d’embûches, mais il doit partir, il doit retrouver Gontran, son frère adoré. Bien sûr il n’en a rien dit à Papa et Maman de peur qu’ils ne s’inquiètent, mais en son for intérieur, il en a fait le serment, il partira dès la nuit prochaine gravir les montagnes immenses et traverser les vallées noires et profondes, foi de Petit Tom.

-"Oh putain...Il s'arrête jamais..."
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C
<br /> PJ: Pot aux roses<br /> La candeur associée à la concupiscence de cette chère Patricia me laisse définitivement de guingois (de partout en plus)<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Oui hein ? (pauvre de nous...)<br /> <br /> <br />
S
<br /> La vache ! Blousée... je cherchais bien par où ça allait arriver.. mais, rien vu de ce côté... chouette.<br /> Une remarque, vu, ce que j'ai pu entendre en France... je pense que tu pourrais remplacer "communiste" par peur des habitants de la cité d'à côté....Je ne suis pas certaine que cela soit les<br /> communistes qui font le plus peur au papa de Tom...<br /> Quant aux prénoms, une petite soeur nommée Sixtine ou Victoire, aurait été du plus bel effet...<br /> Mais... tout va !<br /> Me voici de passage et je remonte ton temps.<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Salut Soleil, toujours en verve à ce que je vois! (vas- y remonte...)<br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> Ah, ben c'est beau de détourner de la sorte l'esprit de Noël...!!! Et puis je connais par delà quelque susceptible strasbourgeois (non, ce n'est pas un pléonasme...) qui pourrait vous faire<br /> ravaler aussi sec votre esprit si provocateur.<br /> <br /> Hmmm... mais Dieu que vous profânez admirablement, MaxiGrimmus.<br /> <br /> ÜüÜ<br /> <br /> <br /> <br />
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M
<br /> Merci merci, et que les strasbourgeois se rassurent, j'ai mis la banlieue de Strasbourg comme j'aurais pu mettre la périphérie. Haha.<br /> <br /> <br />
R
<br /> A la mairie de Christmasse alors !<br /> <br /> <br />
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M
<br /> Allez, en route alors...(le type qui ne sait quoi répondre...)<br /> <br /> <br />
P
<br /> oh oui ! moi j'ai adoré ma cousine Eléonore, aux échalottes et aux herbes. D'en reparler j'en salive encore... alors échanger tous ces beaux souvenirs avec vous, dans un endroit sombre et isolé, ce<br /> serait une belle façon de revivre ces merveilleux moments !!<br /> (d'ailleurs, c'était pour Noël, Eléonore... un maxi-festin en commémoration, ce serait bien.)<br /> <br /> <br />
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M
<br /> ...Je ne saurais dire pourquoi mais j'entends "intestins" quand vous écrivez "maxi-festin"...<br /> <br /> <br />