A mon signal, amène le dessert!
Episode Fourps.
Le jour se lève à peine et dans la chambre Capsule Apollo à gravitation zéro de la suite du Capitaine Bonnegalos, flotte à quelques centimètres au-dessus de l’immense lit à suspension balsamique le corps souple et bronzé du Lieupnant Xtricia, un léger filet de fumée s’échappant encore de sa matrice. Profitant une dernière fois de l’absence de pesanteur, le Capitaine Bonnegalos s’éclipse de la chambre en un discret double salto carpov contre volée demi vrille. Il s’agit maintenant pour lui d’organiser la suite des événements. Car nul doute qu’ils vont revenir. Nul doute qu’ils chercheront à nouveau à détruire les hommes et leur inébranlable foi en l’avenir. Ils, ce sont les Kiltoïds, cette civilisation d’êtres tentaculaires et visqueux, aux membres couverts de croûtes venue du fin fond de l’espace temps dans le seul but de faire le mal. Il est encore très tôt mais rien ne peut entraver la détermination du Capitaine Bonnegalos. Une bonne bière bien fraîche à la main, le voilà assis devant une carte à étudier la topographie d’une proche région de la galaxie des Marlards. Pour peu que le puzzle du Capitaine Bonnegalos se mette en place, celle-ci pourrait bien être le cimetière de ces maudites créatures... « Si seulement j’avais une chèvre pour les attirer dans ce piège… » Pense tout haut le Capitaine Bonnegalos. Il cherche une idée et se ressert un cognac pour se concentrer davantage. Sans qu’il l’ait senti venir, Xtricia, uniquement vêtue d’une fine paire de socquettes, vient de poser sa douce et lourde poitrine sur les larges épaules du guerrier des étoiles…
-« Ah c’est vous Lieupnant. Bien dormi ? » Lui demande-t-il complice de sa voix chaude et profonde.
-« Très bien Capitaine, très bien, mais certainement pas assez. » lui répond-elle, s’étirant comme une chatte. Fourbue et courbaturée, rincée, essorée et décalaminée, le Lieupnant Xtricia sourit pour elle-même et se dit que oui, décidément oui, douze fois lui ont suffi. Revenant à la réalité de la pièce, elle sent le regard de son amant qui la fixe intensément. Le voilà qui sourit à présent. Ne viendrait-il pas de trouver son appât pour attirer les Kiltoïds vers le trou noir de la galaxie des Marlards ? Il semble bien que si. Versant un peu de bière sur son Picon, il s’adresse à elle en ces termes.
-« Il va s’agir de faire courir le bruit que la Prixcesse de Boulpaf, la fille de l’Archi Roi Blackmich II, a élu domicile dans ses contrées reculées du Royaume. Contrées, faut-il le préciser, réputées pour leurs sources chaudes de benzout. » Le benzout, précise encore le Capitaine, est un aphrodisiaque méga puissant capable de faire perdre la tête à n’importe quel homme, y compris Didier Leclercq.
–« Bien plus puissant que le Val Fleuri lavande Lieupnant, reprend le Capitaine, vous pouvez me croire. Moi qui vous parle j’ai eu une fois à faire à une femelle ragondin qui venait de se vautrer dans une flaque de benzout, et bien il s’en est fallu de peu que je ne commette l’irréparable ! Heureusement que le petit animal a détalé je peux vous dire, parce que sinon, avec le gourdin préhistorique que j’avais, je ne donnais pas cher de sa …mais le temps presse et je m’égare Xtricia. Alors voilà, pour résumer, on va vous rajouter une fausse tonsure, une verrue et deux ou trois seins et hop, direction la galaxie des Marlards où vous vous ferez passer pour la Prixcesse de Boulpaf. Il ne vous restera plus qu’à profiter des bienfaits des sources chaudes de benzout et attendre patiemment que les Kiltoïds débarquent.
-« Et sauf vot’ respect, pourquoi qui débarqueraient les Kiltoïds Capitaine ? »
-« Et bien parce que si ils apprennent que la Prixcesse est sortie de l’hyper-forteresse des Glabsis pour se rendre en villégiature dans la galaxie des Marlards, nul doute qu’ils s’y précipiteront comme les morpions sur les testicules du bas clergé. Ils feront tout pour l’enlever. Et détenir ainsi la fille de l’Archi Roi Blackmich II, un otage de premier choix s’il en est.
Ai-je été assez clair Lieupnant ou bien souhaitez-vous un ralenti ? »
Le lieupnant Xtricia faillit sommer le Capitaine Bonnegalos de cesser sur le champs ce genre de goujateries machistes, que pour femme hybride qu’elle était elle n’en était pas moins officier de l’archi Royaume, mais elle n’en eut pas le loisir. De nouveau l’alarme tonitruante retentissait dans toute la station orbitale d’Xutreau, qui la laissa bouche bée.
EUH-UR! EUH-UR!
EUH-UR! EUH-UR!
D’un bond le Capitaine Bonnegalos fût devant la console hyperstatique. Sur les écrans de contrôle ils ne pouvaient que constater : Une quantité astronomique de vaisseaux Kiltoïds se dirigeait droit sur la terre à la vitesse d’un cheval au galop. Il était trop tard pour réagir. La planète terre semblait cette fois vivre ses derniers instants.
-« Bon sang Xtricia, il est trop tard pour réagir, il n’y a plus rien à faire ! Cette quantité de vaisseaux Kiltoïds est bien trop astronomique ! Ces émotions m’émoustillent. Et si nous en profitions pour remettre le couvert ? »
-« Bah, écoutez Capitaine, je ne suis pas certaine que le moment soit très approprié mais après tout, quitte à se faire démolir… »
Dans un geste de plein de rage et de désespoir, le Capitaine ôte alors son bas de survêtement. La longue chevelure auburn du Lieupnant tournoie au rythme saccadé de l’échauffement de ses puissants psoas iliaques. Un instant ils se regardent l’un l’autre, chacun cherchant au fond du regard de l’autre la certitude d’un absolu qui déchire. Maintenant leurs deux corps sont unis et maintenant la mort peut venir les prendre. L’amour triomphe toujours de tout. Un dernier regard sur les écrans de contrôle, l’immense flotte mortelle des Kiltoïds n’est plus qu’à quelques encablures de la terre ; un fougueux baiser, une caresse subtile et les voilà à même le sol vitrifié qui font honneur à la levrette.
Quand tout à coup, sur l’écran noir du poste de contrôle, clignote un étrange message en lettres orange
«HA HA SURPRISE CAPITAINE ! C’EST UNE FAUSSE ALERTE !
JOYEUX ANNIVERSAIRE CAPITAINE !!! »
A cet instant précis, et alors que le Capitaine Bonnegalos allait venir, toute l’équipe des 27 officiers de la station orbitale pénètre dans la pièce en chantant à tue-tête :
« Joy-eux aanni-ver-saaiire ! Joy-eux aanni-ver-saaiire ! Joy-eux A-NNI-ver-saire CAPITAINE !!! Joy-eux aaanni-ver-saaiire ! Et beaucoup d’autres…(bluezy) »
-« Oh putain ! Bon sang ce que vous m’avez fait peur les gars !!! J’ai bien cru que c’en était fini de la terre ! Le lieupnant aussi d’ailleurs, hein Lieupnant ? Relevez-vous Lieupnant je vous en prie. »
-« Oui, c’est vrai, qu’est-ce qu’on a eu peur ! »
-« Ahlalalalalala ! Ben dites donc, j’aime mieux ça hein les gars. Allez, on va boire un coup pour fêter ça. Le temps de passer un slip et je vous offre à boire. Alors comme ça c’est mon anniversaire ? Mais quel âge j’ai moi ? Hein ? Je perds la tête à ce point pour ne plus me souvenir de ma date de naissance ! Hahahahahaha !!! »
Le rire joyeux du Capitaine Bonnegalos et de ses hommes résonne encore dans les couloirs de la station orbitale d’Xutreau quand arrive le soir et que tombe la nuit. Ce n’est pas aujourd’hui que la terre s’arrêtera. Non, pas aujourd’hui, pas encore. Qu’ils profitent encore de ce que la vie leur accorde de bon, la joie simple de vivre, l’alcool mutant qui coule à flot et les femmes hybrides sous les poitrines desquelles bat un cœur emplit d’une tendresse qui ne demande qu’à déborder.
Ô oui, qu’ils profitent. Qui sait ce qui attend demain ces hommes vaillants et ces femmes généreuses. Qui connaît les épreuves et les drames qu’ils vont être amenés à vivre, hein ? Qui ?!! Je vous le demande ?
Les légendaires soirées bamboule du Capitaine Bonnegalos suffiront-elle à faire oublier aux hommes de trupes les noirs desseins des Kiltoïds ? (Kiltoïds qui, n’en doutons pas, ne vont pas tarder à revenir. Vous n’imaginiez tout de même pas xallait durer toujours non plus la fête du slip ?
(Bah…pas sûr…Faut voir.)