Overblog Tous les blogs Top blogs Humour
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

A mon signal, amène le dessert!

Publicité

Une dose le matin.

Je me suis réveillé de bonne humeur. Il y a des matins comme ça. Assis sur le bord du lit j'ai passé un bon moment à m’étirer, à penser que la vie valait vraiment la peine. J’étais bien, j’avais faim et je souriais. Alors d'un bond je me suis levé et dévalant les marches quatre à quatre je suis descendu à la cuisine me faire mon café. Un bon petit café dans sa culotte !
Je me suis dit en me marrant. Mon bol, de l’eau, un filtre, mince! Plus de café dans la boîte. Pfff....Ca démarre bien. Bon pas très grave après tout je me suis dit, je vais aller en demander à la voisine du dessus, elle est toujours tellement aimable qu'elle ne verra certainement aucun inconvénient à me dépanner de quelques doses. Je précise que ma voisine du dessus est une jeune étudiante espagnole qui apprend le français depuis peu et je dois dire qu'elle me fait beaucoup rire avec son accent et son air bon enfant. Je ris surtout quand la pauvre fille essaie de prononcer "j'apprécie la pénétration" et qu'elle dit pénétrassionne! Quelques fois j'y repense seul au bureau et de nouveau je ris tout seul. Cela m'est même arrivé une fois en pleine réunion avec le big boss et tout le staff.
-"Et bien Patrick, ça ne va pas mon petit gars ?" Qu'il m'a demandé le big boss.
C'est rien patron, je lui ai répondu entre deux spasmes, c'est juste que je repense à votre exposé sur les profits et les compressions de personnel à venir. Il n'a pas osé faire de scandale devant tout le staff mais quelque chose me dit qu'il n'avait que moyennement apprécié. J'ai enfilé un jean et un tee-shirt et, le sourire aux lèvres, je suis monté à l'étage de l'appartement où vit Telma. J’ai frappé trois coups secs à sa porte et après quelques dizaines de secondes j’ai senti le vieux plancher de l'immeuble vibrer, c'était bon signe, Telma était réveillée. Elle m'ouvrit sa porte et visiblement je la réveillais. Elle avait un oeil encore complètement collé par le sommeil. L'autre par contre avait l'air d'être resté ouvert toute la nuit, il était vraiment très très grand ouvert, à ce point d'ailleurs que j'ai eu un bref instant l'impression qu'il était content de me voir et qu'il allait me sauter dans les bras et me faire la fête. Telma frotta son visage de ces deux grosses mains épaisses et verruqueuses puis ajusta les deux énormes couettes de ses cheveux filasses qui mettaient si bien en volume sa grosse tête encore toute chiffonnée de la nuit. Un léger fil de bave scintillait à ses lèvres dans la clarté du petit matin. Elle parvint enfin à me regarder en face et me reconnaître. Elle entrouvrit sa bouche charnue, me sourit un peu. Je devinai son haleine et tournai imperceptiblement la tête de côté. Alors elle me dit comme ça :
- "Tu viens pour la pénétrassionne gringo ?"
(Ha Ha! Je vous avez prévenu, c'est à se pisser dessus elle sait pas le dire).
- "Ah tendre Telma, mais non bien sûr, il est encore très tôt tu sais, le jour se lève à peine et je ne suis pas du matin. Non, je suis venu pour t'emprunter un peu de café, car vois-tu, je n'en ai plus. Des pieds."
Une lueur chétive et claudicante traversa alors le regard de la jeune étudiante avant qu'elle ne fasse demi tour et que le sol ne vibre à nouveau. Je l'observai s'éloigner, son grand corps majestueux heurtant et brisant ça et là quelques meubles et bibelots. Elle revint à peine trente seconde plus tard, un paquet de café à la main qu'elle me tendit. Je la lui serrai pour la remercier. Elle me claqua alors l’ paquet sur la poitrine, avant de repartir en traînant ses deux pieds épais vers les ténèbres de son antre, un grognement sépulcral saluant son départ. Redescendu chez moi, je pus enfin préparer mon café et pendant qu’il passait, je montai à la salle de bains prendre une douche qui allait finir de me réveiller. Sous l’eau je riais de nouveau comme un bienheureux en pensant à Telma et à son accent si comique. J’étais maintenant plié en deux et secoué de soubresauts qui m’obligeaient à me tenir aux murs tant ils mettaient en péril mon équilibre. J’ai ri comme ça jusqu’à ce que j’arrache toute la robinetterie à force de m’y suspendre. J’ai aussi pris le lourd pommeau en inox sur le coin de la tempe. J’étais maintenant assis dans le bac à douche à demi assommé, mon sexe clapotait et je regardais mon sang filer dans l’eau en jolis cercles rosâtres. Après avoir recouvré mes esprits, je suis sorti et me suis soigné la tête. J’avais une belle estafilade que je cachai d’un pansement hémostatique.
Après ça j'ai ri un peu moins et tout est allé très vite. En redescendant je me suis pris les pieds dans le tapis de l’escalier et j’ai fini ma course la tête dans le meuble de la cuisine sur lequel est posée la cafetière. Le choc l’a fait tomber et j’ai pris tout le café brûlant sur mon dos nu. J’ai hurlé en piétinant les tessons de verre de la verseuse qui s’était brisée sur le carrelage. Je n’étais plus qu’une plaie hurlante et je dois avouer que cette putain de journée commençait déjà à me lasser. J’étais hyper tendu et finalement c’est un bien que je n’ai pas bu de café, il y a fort à parier que ça n’aurait rien arrangé. Tant bien que mal je me suis soigné et j’ai tout nettoyé et épongé aussi bien que j’ai arrangé comme je pouvais la robinetterie de la salle de bains. J'ai pu finalement partir travailler. Arrivé en retard, le big boss était déjà dans mon bureau.
-« Ah Patrick ! Il a dit quand je suis rentré comme si j’étais devenu un type sympa pendant la nuit. Je suis content de vous voir, j’ai quelque chose pour vous qui va vous faire rire. Ouvrez l’enveloppe, vous allez voir, je me suis souvenu de votre fou rire de l’autre jour en réunion et j’ai écrit un petit sketch qui parle de compression de personnel et dont vous êtes le héros mon petit gars. Allez-y, marrez vous bien, c’est tout pour vous. J’ai ouvert l’enveloppe. J’étais viré. Ha Ha. L’ordure. Je suis rentré chez moi. Je me suis dis que c’était un mal pour un bien, de toutes façons je ne trouvais pas ça si cool de travailler. Arrivé en bas de mon immeuble j’ai croisé Telma qui revenait de l’épicerie avec un paquet de café.
-« J’ai dû en racheter, ce matin quand je vous ai donné le café, j’avais pas fait la réflexssionne que j'en avais pu. Des pieds. » elle m’a dit.
J'ai jeté un caillou en direction de son gros oeil et je lui ai demandé d'arrêter ça, que c'était pas le jour et que j'étais pas d'humeur pour ces conneries. Puis je suis rentré chez moi en maudissant les jeux de mots, les patrons, les accents et les fous rires nerveux. Voilà, il est neuf heures trente et là j’ai ma dose. Alors je vous laisse, je vais me recoucher, y a de matins comme ça. On va dire ça.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
aujourd'hui t'es dans l'kansas, tu veux dire que t'es dans un état proche de l'ohio?
Répondre
M
<br /> Complétement ça y est!<br /> (pas long feu pas long feu ici...)<br /> <br /> <br />
S
Ca me rappelle cette vieille dame espagnole qui se prénommait Purification (prononcé Pulificassionne) et que nous comme ça, mais pour rire quoi, on appelait Putréfaction (prononcé en se pinçant le nez).Surtout n'hésite pas, dès qu'une nouvelle belle journée merdique se refait tienne dans ta vie, tu nous la racontes. Avé ou sans l'assent.
Répondre
M
<br /> Merci Stipe, je n'hésiterai pas.<br /> <br /> <br />
P
alors voilà : je viens de lire tes malheurs (auxquels je compatis, même si moi je l'ai pas encore bu, mon café) au bureau et j'ai malencontreusement ri devant ma chef qui, du coup, veut savoir ce qui me fait marrer comme ça... et là, je sais pas, je sens le piège... pour le moment je la fais patienter, j'attends que tu me souffles la réponse qui va bien, ok?(mais traîne pas trop, elle a déjà l'écume aux lèvres...)
Répondre
M
<br /> Un bug dans la matrice (j'ai déjà vu ce commentaire quelque part....c'est très très bizarre...).<br /> <br /> <br />
P
alors voilà : je viens de lire tes malheurs (auxquels je compatis, même si moi je l'ai pas encore bu, mon café) au bureau et j'ai malencontreusement ri devant ma chef qui, du coup, veut savoir ce qui me fait marrer comme ça... et là, je sais pas, je sens le piège... pour le moment je la fais patienter, j'attends que tu me souffles la réponse qui va bien, ok?(mais traîne pas trop, elle a déjà l'écume aux lèvres...)
Répondre
M
<br /> ...Et bien écoute là comme ça...à brûle parpaing...c'pô facile...peut-être tu peux lui dire que tu repenses au petit cri ridicule qu'a poussé le type d'hier soir que tu venais d'éplucher avec un<br /> coupe-ongles quand maladroitement tu lui as renversé le vinaigre balsamique de Modène sur le visage ?<br /> Peut-être que ça peut passer comme ça (à condition bien sûr qu'elle sache rire des petis aléas de la vie) ?<br /> <br /> <br />
O
commencer la journée auprès d'une femme qui te cède tout ce qu'il lui reste comme café. Heureux homme.
Répondre
M
<br /> Oui....Ma vie est une tartine de miel, c'est vrai...Tant de bonheur...Plus serait trop...<br /> <br /> <br />