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A mon signal, amène le dessert!

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Au fond du puits.

Je viens de recevoir un mail inquiet des Soeurs Festives du couvent Franck Zappa.
Elles me demandent quelle mouche me pique de laisser mon blog se dégrumeler de la sorte, alors qu'il n'y a pas si longtemps encore je lui portais toute ma tendresse et mon attention.
Voici ma réponse.


Chères soeurs Festives,

Croyez bien que je ne laisse rien se dégrumeler du tout.
En fait, je suis dans mon jardin entrain de nettoyer le fond de mon puits. Et comme vous pouvez vous en douter, y a du taff.
En premier lieu bien sûr, il faut y descendre. Et rien que ça, c'est long, ça demande du temps et pas mal de préparation. On y descend pas comme on irait à la foire aux manèges. Il n'est pas question de s'envoyer la grande roue pas plus que de se goberger de pomme d'amour. Du taff et encore du taff, finis les plaisirs et la douceur de vivre, à moi l'ascétisme rugueux des moellons mal polis.
Une fois au fond, il vous faut quelques temps d'adaptation ; au tout début vos yeux ne voient rien d'autre que la flamme de la bougie qui vous aveugle ; puis arrivent quelques contours, jusqu'à ce que vous distinguiez parfaitement les pierres du mur qui vous entoure ; aussi l'ampleur de votre tâche. Une chaise de camping éventrée, des bouteilles, des mégots, un sac à main, une roue de vélo, peut-être des feuillets, des livres d'histoires, des photos, tout un tas d'objets rouillés, de morceaux de bois ouvragés autant que brisés, du tissus des vêtements, un pan de robe devenu chiffon, beaucoup d'autres choses certainement, de ces choses qu'on avait oublié ou tenté d'oublier. Tout est encore ici qui attend dans la vase. Vous voilà seul avec vous même et vos travaux peuvent commencer. Pour autant ne vous pensez pas sorti d'affaire. Au fond de votre puits, il y a, comme partout mais peut-être ici plus qu'ailleurs, beaucoup de jours sans. De ces jours où quoi que vous fassiez vous ne récurerez rien. Vous n'avancerez pas d'un pouce, vous aurez reculé voire. Faute d'avoir pris vos précautions, parce que vous avez tenté d'aller trop vite ou de bâcler votre travail, au moment d'évacuer vos scories et autres gravats, les voilà qui vous retombent dessus et vous écorchent le cuir sans crier gare. Souvent même, c'est vous qui criez, Ga-Har! Et quand ce ne sont pas les rebuts qui vous abîment la tête, c'est la vase du fond qui dégoûte, vous coule dessus et vous salit.
Vous n'avez pas vu le jour, la journée se termine et vous voilà assis sur votre solitude, au milieu de vos encombrants, les mains meurtries et le corps poisseux d'avoir sué sang et eau, pour rien mon cousin, il faudra recommencer demain. Si vous le pouvez encore, croisez les doigts pour que le prochain essai soit plus constructif que la sale journée que vous venez de passer. La tentation de baisser les bras, de renoncer à faire ce qu'il faut pour assainir ce qui se doit de l'être est grande. Après tout, qui se soucie du fond de votre puits ? Même s'il y règne un chaos indescriptible, une odeur putride et quelques bestioles visqueuses pour le moins répugnantes, il n'y a bien que vous pour y descendre. Alors à quoi bon ? C'est bien ce que je me suis dis pendant de longues années. Personne ne voyait rien et je ne me souciais que peu du capharnaüm propre à ce cul de sac. J'étais comme vous, j'avais bien d'autres choses à faire. Jusqu'à ce jour très récent où mon haleine devenue vaseuse stoppa nette toute velléité d'embrasser à pleine bouche les lèvres purpurines de Valérie de la compta, une jolie espagnole qui avait pris pour habitude de me donner gratos des places pour aller au match pour peu que je lui roule une galoche à moteur.
-"Pouah! Dit-elle à l'approche de ma bouche entrouverte, éloigne-toi vil remugle humain! Va loin et vite, retournes donc au marais et oublie Boulogne-Strasbourg pendant que tu y es. Pauv' naz." Elle vomit alors brièvement sur ma jambe, s'en fut parmi les ronces et jamais plus je ne la revis tencore. Je restais un instant interloqué. Je sanglotais, triste et amer, j'allais manquer un grand match. Puis la raison me revint. Il m'apparut alors clairement que l'eau de mes jours était désormais contaminée du manque de soins portés au fond de mon puits. Bordel.
Ainsi donc j'ai compris la leçon. Et loin de perdre mon temps ou de laisser quoi que ce soit se dégrumeler, sachez chères Soeurs Festives, que j'oeuvre dans le bon sens et que d'ici peu j'aurais, croyez-le ou non, l'haleine d'un matin de printemps inondé de la lumière du soleil dardant ses premiers rayons au travers d'une immense prairie encore toute humide de la rosée d'une nuit de mai. Rien de moins.
Sur ce je vous laisse à vos marelles, il faut manifestement que j'y retourne (je parle je parle et mon chien d'habitude si friand des poubelles commence à tourner de l'oeil en hoquetant fébrilement la pauvre bête).

Bien à vous les frangines,

Dieu vous garde (et vous regarde, ha ha! Vous n'êtes pas là de sortir...),
 
Votre dévoué,

Maximus.
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S
La mauvaise foi fait partie de la panoplie du pinailleur.Celui ci se reconnait aisément par son aptitude à toujours la ramener (je parle de sa fraise) afin de masquer l'inanité de son propos.Aussi le verra-t-on s'exclamer "oh ben moi, un article avec une faute dès le 12ème mot, j'ai du mal à considérer qu'on puisse s'en faire une référence".Cela dit, "autant pour moi" arrangerait tout le monde, ils nous emmerdent ces militaires, aussi.
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M
<br /> Je vous laisse les clés vous fermerez en sortant ? Et n'oubliez pas d'éteindre, merci. Allez, à demain.<br /> <br /> <br />
K
Encore à l'attention de STIPEEn fait c'est moi qui avait besoin d 'explications merci.
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K
A l'attention de STIPE<br /> Il est impossible de savoir exactement quand et comment s’est formé cette locution pourtant très courante. <br /> Selon une première théorie [1], cette expression est issue du langage militaire dans lequel « au temps ! » serait dit pour commander la reprise d’un mouvement depuis le début. <br /> Elle aurait finalement glissé vers le sens figuré actuel : ainsi prononce-t-on cette locution pour admettre une erreur, en signifiant que l’on va éventuellement reconsidérer la question. <br /> Une deuxième théorie postule que la graphie au temps pour moi serait en réalité une forme pédantesque de autant pour moi. Cette théorie, qu’a défendue entre autres Claude Duneton, postule que la théorie des origines militaires de l’expression serait à l’origine une légende, une sorte de « canular étymologique », comme on en invente souvent pour l’origine de beaucoup d’expressions. → voir autant pour moi Autant pour moi serait une forme elliptique de C’est autant pour moi, sous-entendu C’est autant d’erreur que l’on peut mettre à mon actif. <br /> Cette expression serait à rattacher à autant pour le brodeur, expression dont l’utilisation est attestée dès le XVIe siècle [1]. <br /> La graphie au temps pour moi, environ trois fois moins fréquente sur Internet [3], est cependant celle recommandée par l’Académie française, car, selon elle, rien ne justifie l’expression autant pour moi, alors que l’expression au temps pour moi serait liée à l’expression militaire au temps !, commandant la reprise d’un mouvement [2]. L’Académie française précise toutefois qu’« Il est impossible de savoir précisément quand et comment est apparue l’expression familière » J'espère que  ces explications seront à ta convenance , Monsieur le Pinailleur.<br />  <br />  
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S
alors là..."Ben mon con!!" sont les premières paroles auxquelles je pense en pareil moment. Et l'bon Dieu sait si j'ai le "ben mon con!" de sélectif.j'avais bigoté en cachette avec les adulatrices du guitariste moustachu et avais imité leurs voix, qu'elles ont de partiellement impénétrables, pour gueuler contre cette vacuité dont semblait se remplir ton blog au fil des jours nous séparant de la mi d'avril.je me rappelais qu'en venant ici te lire, on n'était jamais déçus. et là tu me rappelles que non seulement ça se vérifie encore, mais que non content de ne pas nous décevoir, tu te paies le luxe en ces temps de crise de nous surprendre encore et toujours.magnifique texte, je rejoins Kat lorsqu'elle dit que c'est le meilleur qu'elle ait lu ici.(je la rejoins un peu moins lorsqu'elle écrit "autant pour moi", mais ça c'est parce que j'aime pinailler contre le vent pour un oui pour un non, pour un "c" superflu dans franck zappa comme pour l'absence maladive de majuscules au début de mes phrases qui se veulent trop souvent à rallonges).chaque phrase est un coup porté, le fond marécageux ne prend jamais le dessus sur la forme brillante. Il est réussi de bout en bout, même mieux, même au delà.j'en fais un texte référence, rien à branler de la sobriété des compliments, j'ai pas attendu tout ce temps pour rien.Merde!
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M
<br /> Merde! C'est beaucoup là non ? Mais (encore encore encore) merci alors.<br /> <br /> <br />
C
de la haute voltige pour visiter un puits, il n'y a que vous pour ça... (et puis aussi, plus anecdotique -quoique : qui aujourd'hui peut faire aussi bien sonner "goberger" et "pomme d'amour", hein?)
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M
<br /> Il y aurait beaucoup à dire sur l'effet que ça fait d'être ainsi encouragé. Sur tant de générosité.<br /> Merci. (un jour je saurai répondre à de tels éloges. Un jour.)<br /> <br /> <br />