A mon signal, amène le dessert!
Hier soir je suis allé à la piscine et ça m'a mis les glandes.
Rien à voir avec les bactéries les microbes ou les virus, je n'ai jamais froid et je ne suis jamais mallade (tiens d'ailleurs je ne sais même pas comment ça s'écrit).
Bref je suis allé nager et comme je n'y vais pas souvent, entre deux séances j'ai le temps d'oublier ma colère et son pourquoi. Parce que vous je ne sais pas, mais, moi, la piscine, ça m'irrite.
Encore une fois rien à voir avec les psoriasis, érythèmes et autres rougeurs cutanées, j'ai la peau épaisse et le cuir tanné, rien ne m'entame et les seules marques que je porte sur la peau sont griffées Calvin Klein ou Jean-Paul Gauthier ( ha ha la feinte, t'as compris ? T'as vu comment ça rigole ici ?^^).
Bref. Venons-en au fait. Je suis en colère face à une pratique commerciale aux ongles sales et je me demande si je suis le seul naïf que ça énerve encore.
Je vous explique.
Mardi soir 18h15. Comme tous les jours depuis mille deux cents ans, Il pleut sur mon département.
Mais fi de la pluie, comme je l'ai déjà dit, j'ai décidé d'aller à la pistache. Je parcours donc les deux kilomètres qui mènent à la zone industrielle qui héberge la nouvelle base de loisirs à l'aide de mon automobile de course, et me présentant à l'hôtesse, je paye mon entrée (4.50 euros, sans le lubrifiant) ; une fois là-bas, après m'être déshabillé dans le froid grelottant (bon pas moi en l'occurrence mais disons les fragiles humains) je sors de la cabine avec, mes chaussures à la main, la bouteille de shampoing dans la serviette roulée sous le bras, mon lourd blouson posé en équilibre sur mes chaussures, mon sac bourré du chiffon de mes vêtements à l'épaule, et à la bouche mon pince-nez. Allons-y maintenant, et tâchons de ne pas glisser, de ne pas nous étaler vertement. Parcourons le dédale du vestiaire qui penche à la recherche d'un casier libre. Je repousse au passage trois ou quatre naïades surexcitées par ma présence (oui dans la vraie vie je suis repoussant), bouscule toute une bande de gamins de onze ans étonnamment encore en liberté, et défie contre toute vraisemblance les lois de la gravité en arrivant debout et sans avoir perdu ne serait-ce que ma patience, devant le souriant casier M-160 (Là je dois dire que j'étais proche de l'orgasme). Du geste souple du homard je parviens à y déposer mes chaussures, puis à bourrer le reste de mes vêtements, blouson compris, de coup de poings nécessaires à leur incarcération dans le susdit vestiaire qui n'a pas oublié d'être exigu. Après tout ça (j'espère que certains d'entre vous suivent encore parce que je ramasse les copies et ça compte pour la moyenne), je me suis positionné devant l'interface homme-machine afin de saisir le code secret qui assurera l'inviolabilité de mon casier M-160. C'est à ce moment là que, pour valider ma requête, le Système m'a demandé d'introduire 20 centimes d'euros dans la fente prévue à cet effet.
-"Ah ben oui mais là j'ai pas d'argent moi je suis en slip !" j'ai dit.
-" Rien à carrer bonhomme tu paies ta cotise ou tu jarcles."
-"Mais enfin Monsieur Système, vous voyez bien que je suis en slip..."
-"Veux pas le savoir, you wanna play, you gotta pay !"
-"Pffff....C'est nul d'façons, ça craint la société... "
-" TU es nul, c'est TOI qui n'a pas l'argent nécessaire ; en plus d'être fauché ne soit pas de mauvaise foi, n'inverse pas les rôles s'il te plaît. Maintenant va-t-en, tu sens. »
Enculé de Système! J'ai dit, et bavant ivre de rage j'ai donné un grand coup de latte dans l'interface homme-machine avec mon pied nu. De fait j'avais maintenant le pied cassé. Après ça, après ce chemin de croix devrais-je dire, j'ai dû me rhabiller vite fait et remonter à l'accueil en boitant leur demander s'il n'avait pas la monnaie sur un billet de vingt. J'ai pensé à tous les gamins, à celui que j'étais, qui viennent à la pistache et qui mettent, par paquet de mille qu'ils sont à venir nager et plonger chaque semaine, 20 centimes d'euros pour avoir accès à un vestiaire en plastique trop petit, sachant bien sûr qu'ils ont déjà payé l'entrée et que leur pièce est perdue, parce que bien sûr, je vous parle là d'un paiement, pas d'une consigne. Quelle tête ils ont les types qui décident de ça ? Est-ce qu'on devine à leur tronche qu'ils sont plus cons qu'un cochon ?
La fille de l'accueil n'a pas trop apprécié que je lui arrache les oreilles avec mes dents, m'expliquant placidement qu'elle n'y était pour rien et que je n'avais qu'à lire les instructions apposées à l'entrée de l'établissement...
-« STOP Madame s'il vous plaît!!! J'ai dit dans un dernier effort, sachant que je pensais 'Ferme-la ordure ultralibérale!' Je m'en vais. Je n'ai plus envie de me baigner dans votre piscine. Plus envie de payer pour un casier pourri qui devrait être gratuit vu tout ce que j'ai déjà dû payer. Je suis certain qu'un jour les cadavres hirsutes des enfants rackettés morts de faim flotteront par milliers à la surface des bassins de votre établissement si rentable! » J'ai vomi une flaque de sang noir par terre en la maudissant du signe indien, et m'enroulant dans ma cape je disparus alors dans les profondeurs des ténèbres à moteur. Ha ha ha ha ha ha ha !!!!
A Cochabamba, la troisième ville bolivienne, après des mois de manifestations et d’état de guerre, la privatisation de l’eau a été annulée. Une loi scélérate voulait même interdire aux pauvres de recueillir l’eau de pluie…
http://www.bakchich.info/article5164.html