Et oui ! C'est à ça que ça sert une alliance. Ben de rien tu sais. Tu n'es pas le seul et à vrai dire peu de gens connaissent cette fonctionalité. Bon, faut que je te laisse j'ai une réunion sur les imprimantes laser au couvent des soeurs sisters. Allez, salut hein, et bonjour à Madame."
Le gamin joue sur la banquette arrière. Les pieds en l'air il frappe dans ses mains au rythme de la musique. Devant son père s'impatiente
au volant. Il laisse pendre son bras gauche le long de la portière. On n'avance pas d'un pouce depuis cinq minutes. La rue est saturée des gaz d'échappement.
Il tire sur sa clope et avale une longue goulée de bière. D'un geste nerveux il regarde sa montre et hoche la tête en soupirant de dépit. De la paume de sa main il frappe deux ou trois coups
nerveux sur le volant. Sûr qu'ils vont être en retard et que le match aura commencé.
D'un trait il vide sa canette qu'il envoie exploser sur le trottoir. Il tire une longue taffe sur sa clope, lève les yeux au ciel et maudit le sort ; puis brusquement, il explose de fureur,
il se tourne vers la banquette arrière et hurle au visage du gamin.
-« Jimmy bordel !! T'arrêtes tes conneries hein ! »
La bouche ouverte, le gamin s'est arrêté net de frapper dans ses mains, il ne fait plus un geste. Son père est resté un instant comme ça à le plomber du regard, histoire d'être sûr qu'il
n'allait pas recommencer. Les bagnoles se sont mises à avancer et derrière eux les klaxons se font entendre. Il a gueulé un truc avec enculé dedans, enclenché la première et fait hurler
le moteur. La bagnole a giclé brusquement pour s'immobiliser dans un crissement strident vingt mètres plus loin.
De nouveau au point mort, il n'y a plus que le bruit des moteurs, et la fumée des pots d'échappement qui commence à piquer les yeux.
Shazam les 35 heures, Pffuit les Droits de l'Homme, Flap le purchasing power, quand ce n'est pas plif plaf le 14 juillet avec El
Assad ; même si de ce côté je suis confiant, ça devrait passer facilement on avait déjà eu Shlika Shlika Kadafi qui avait bien élargi le passage. Notez que je suis daccord avec
vous, je trouve cela très vulgaire.
Alors finalement, flic flac la pluie sur les carreaux est un bien moindre mal sur mon moral.
C'est vraiment un été pourri et du coup je n'ai pas trop le moral à raconter des trucs qui piquent ou écrire des histoires mérovingiennes. Alors paresseux, je vais me contenter de vous
livrer la playlist du concert de Radiohea_d de dimanche au MainSquareFestival. Ca en jette MainSquareFestival et on pourrait penser que je voyage beaucoup mais en fait c'était à deux pas, à
Ar_ras, chef-lieu du Pas-de-Ca_lais, qui en jette certes un peu aussi mais moins que San Francisco, par exemple. J'ai pris cet exemple là parce que j'ai toujours aimé la chanson. C'est d'ailleurs
souvent ce que me disent les gens, "Ah ben toi t'as l'air d'aimer la chanson disdonc". Ils ne savent pas que c'est un masque épais que je revêts pour cacher mes cicatrices. Parce qu'en vrai ce
que j'aime par dessus tout c'est ...Bah rien laisse tomber tu pourrais pas comprendre...Tu me prendrais pour un ringard des collines...C'est comme ça d'ailleurs qu'il m'appellait. Mon
père, cet homme au regard si visuel..... Ha lalalalala...Il soupire dans un haussement d'épaules, troublé s'accorde un instant de mémoire, puis serrant les poings se reprend et dit : Je sais
je vous raconte ma vie mais aussi vous êtes un peu sur mon blog, non ?

Voici donc la playlist du concert de Thom Yorke et ses amis. Inutile de vous dire que ce fut un grand moment de Rock'n Roll, même vu de très loin et du raz de la pelouse.
En fait je suis assez grand pour que mes jambes touchent le sol mais ça ne va pas plus
loin.
01. 15
steps
"Bonsoir"
02. Airbag
03. There there
04. All I need
05. Where I End And You Begin
06. A wolf at the door ('tain...cool)
07. Nude
08. Pyramid song
09. Weird fishes / Arpeggi
10. Climbing up the walls
11. The Gloaming
12. Faust Arp (se plantent, se marrent, se replantent et redémarrent...)
13. No surprises (....ha
lalalala....)
"Vous êtes prêts ?" qu'il dit, et ils y vont...
14. Jigsaw falling into place (à fond...)
15.
Reckoner
16. Exit music (c'est là où j'imagine que le sol se dérobe, mais non en fait c'est moi qui vole)
17. Bodysnatchers I do
not/Un der stand/What is it...
Nous on dit : Une autre! Une autre! Une autre!
Et ils reviennent.
18. Cymbal rush
19. Videotape
Le concert a lieu sur une immense place entourée de (jolies) maisons. Imagines bien qu'il y avait du monde aux
fenêtres.
Du coup Thom Yorke dédicace la chanson suivante aux gens qui regardent des fenêtres.
"Désolé pour le bruit, on peut venir boire un verre ? J'ai besoin d'un verre !"(ha ha, quel vanneur ce Thom)
20.
Paranoïd android
21. Dollars and cents
22. Idioteque
Comme ils s'en vont, nous, on se démonte pas, on redit : Une autre! Une autre! Une autre!
Et ils reviennent.
23. House of cards
24. The national anthem
25. Street spirit
00h10. C'est fini. Nous quittons Arras et rentrons dans mon automobile de
course. Vroaaarrh...
Enfin pas exactement. D'abord y a eu : "'tain ce bordel pour sortir ça fait une plombe qu'on est bloqué".
Ensuite seulement vint le vroaaarrh libérateur qui nous ouvrérent ouvra la porte de l'autoroute de nos plumards où nous nous écroulâmes,
fourbus et ravis.
On peut dire ça : on bouge notre tête en tournant comme pour la dévisser de notre corps
et qu'elle s'envole comme un ballon.
NDLR : ++++ pour la version d'Exit music qui parvient encore à m'émouvoir au delà des mots (chérie regarde je vole...).
PS Et merci à mon voisin de devant pour la qualité de ses effluves artisanales. Moi qui ne fume plus. Rien.
NDLR : En fait je vais faire un petit tour dans la vraie vie. Deux ou trois trucs à régler, presque rien.
C'est juste l'histoire d'une ou deux vies semaines. Je vous revois bientôt. Maximus bob2bob.

NDLR : Pour dire, parce que les américains la ramènent toujours un peu en mâchant leur chewing gum, 20 ans auparavant, la première femme dans l'espace était russe (non, pas Laïka Capitaine), et elle s'appellait Валентина Владимировна Терешкова (Valentina Vladimirovna Terechkova). Coïncidence spatio-temporelle, son vol a eu lieu entre le 16 et le 19 juin (1963). Gloar aussi à toi Valentina.
Les petits bateaux sont de retour de leur marée nocturne et comme souvent je me fais la réflexion que de toutes les espèces de poissons que je vois débarquer je n'en connais que deux ou trois au grand maximum. Une sole, un rouget ? Je pense à ça à cause de mon grand-père pêcheur, un type extra qui m'expliquait comme ça qu'il est important de connaître le nom des poissons parce que c'est comme ça que ça marche, les choses dont on ignore le nom finissent par disparaître ; et il ajoutait en souriant "qu' au moins si on te présente une morue que tu saches la reconnaître."
Je pourrais me renseigner auprès des dames qui tiennent les échoppes de poissons mais à cet instant elles sont bien trop affairées à étaler la marée de la nuit pour que je ne les dérange, ce sera pour une autre fois ; je continue ma promenade matinale en direction du phare rouge, vers le rocher des otaries. Elles ne sont pas là tout le temps et une fois sur deux je me contente d'un grand bol d'air sur la plage avant de retourner m'enfermer la journée au bureau. Je longe le quai et dois me frayer un chemin au milieu d'un groupe de goélands affairés à dépecer le cadavre d'un gros poisson - dont je ne connais pas le nom. C'est à peine s'ils daignent rompre le cercle de leur festin à mon passage, et même, ouvrant large son bec crochu le plus grand me crie dessus. Je ne la ramène pas trop et je presse le pas. Quand il m'arrive d'observer de trop près l'énorme bec jaune d'un grand goéland vorace, de me laisser déchiqueter par son œil fixe, je me dis que finalement il ne faudrait pas grand-chose pour qu'à nouveau nous soyons des animaux traqués, gauches et désemparés. Qu'un de ces quatre matins une nouvelle hyper pollution va joyeusement détraquer tout ça et rendre ces bestioles agressives et nos ordinaires bien moins sereins. Les rats les insectes les oiseaux les araignées les chats les chiens. Quelques fois aussi je me dis qu'il serait bon que j'arrête de vivre seul et que ça commence à me tourner sur le ciboulot.
Finalement me voilà arrivé au bassin, et je peux oublier ces maudits oiseaux. Je m'installe sur un rocher plat, les otaries sont là à batifoler dans la flotte. Elle sont deux, une grande et une petite, et c'est la petite qui mène a danse ; elle s élance, vive comme une torpille et giclant hors de l'eau, envoie sa congénère qui fait deux fois son poids valdinguer au bas du rocher ; allez, à la baille ! Elle revient à la charge et tente de lui mordre la nageoire ; elle lui passe dessus, dessous, sans que la grande semble-t-il, n'ait le temps de réagir. Je suis tellement absorbé par leurs ébats nautiques que je n'ai pas remarqué que je n'étais pas seul. Mon œil gauche vient de capter le mouvement léger d'une mèche de cheveux blond soulevée par le vent. Il y a une fille posée à dix mètres de moi sur ma gauche. Une fille en salopette jaune façon ciré de marins. Posée sur un rocher comme une statue, sauf qu'elle aurait le sourire et les joues rouges. Les deux otaries continuent leur ballet, plongent vers le fond et remontent à la surface, collées l'une à l'autre par le flanc. Maintenant elles agitent une nageoire hors de l'eau, toujours unies, nageant lentement le reste du corps à peine immergé affleurant la surface. J'adore ça, c'est aussi simple que magique, aussi puissant que fluide, évident et malgré tout énigmatique. Les voilà à présent toutes les deux sur leur rocher à regarder vers le ciel, joue contre joue, le regard perdu dans le lointain ; on pourrait jurer qu'elles songent à l'avenir (Du moins est-ce l'effet que ça fait, je suis sous le charme certes, mais encore lucide). De temps à autre je jette un œil en direction de la fille sur son rocher, je lui montre d'un signe de tête ostentatoire que moi aussi j'apprécie beaucoup le spectacle et que bien sûr que je les ai vu comme ça toutes les deux à gamberger en regardant vers le ciel. Et moi aussi je me pose la question du futur des otaries. Et puis brusquement leurs jeux changent. La fille aux joues rouges et moi comprenons qu'une de deux otaries est un mâle. Oups. Nous voilà elle et moi l'air de rien entrain de partager une intimité qui n'est pas la nôtre ; malgré cela nous restons un peu, histoire de ne pas se déballonner, le genre qui en a vu d'autre, prêt à chevaucher le naturel au grand galop ; puis les choses se précisent et nous voilà pour le coup vraiment de trop ; je regarde ma montre. Hum hum, sept heures trente, il est l'heure pour moi de remonter. Du coin de l'œil j'observe que la fille-statue elle aussi fait demi-tour et quitte son rocher.
Après ça j'ai poursuivi la balade de mon côté, jusqu'au phare rouge, mais franchement il n'y a pas grand-chose à voir de ce côté et le fond de l'air était même assez désagréable, parfumé d'une vieille odeur de poisson rance. Je n'ai pas traîné là, et à part un con de crabe tout mou que j'ai balancé à la flotte, c'était vraiment nul à chier. J'ai jeté un œil en repassant devant les otaries mais elles n'y étaient plus. Bof bof. Je ne me suis pas arrêté spécialement pour vérifier mais la fille au ciré n'était pas revenue non plus sur son rocher. Je dois remonter chez moi maintenant, il est l'heure pour le pain et je dois aller travailler. J'ai retraversé tout le port en longeant le quai. Les oiseaux étaient toujours là mais ils se sont écartés en se dandinant pour me laisser passer. Les premiers clients circulaient d'un étal à l'autre du côté des stands des pêcheurs. Une lumière particulière baignait cet endroit certains matins, animé d'une respiration calme, comme apaisée ; un répit, avant que de nouveau ce monde pérenne ne se mette en branle ; j'ai pensé que peut-être la fille des otaries aimait ça aussi, le calme surnaturel et l'atmosphère ultramarine. Que pour y avoir goûté elle y reviendrait. Peut-être demain. De toutes façons, moi qui ne dors pas je serai là.

3 juin 1965 : Pendant la mission Gemini IV, Ed White devient le premier
américain à effectuer une sortie dans l'espace avec une saucisse.
"Alors il vit aussi lentement qu'inexorablement s'éloigner sans un cri la saucisse de
son enfance dans le froid de l'espace infini."
Jean-Paul Barrefixe, "Il manque une saucisse à ma vie" - Editions Didier Leclercq.
NDLR : Crrrrr...rire sous cape. Canaveral.




