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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 11:44

Quelque chose en moi savait ça. Coucher avec cette fille revenait à tenter de se calmer une démangeaison au coin de l’œil avec la pointe d’un couteau. L’idée en elle-même était jouissive mais j’étais encore assez lucide pour reconnaître que ça n’allait pas sans risque.
Cathleen Evans avait vingt sept ans et louait un meublé au dix neuf de la rue Sainte Beuve. Elle y vivait seule la semaine et rentrait chaque week-end retrouver son mari resté chez eux dans le Sussex. Elle venait travailler en France où elle était prof d’anglais dans un lycée catholique privé. Elle était grande, mince, avec une sensualité qui s’exprimait jusque dans la nonchalance de son port de tête. Cathleen donnait à penser que rien n'était vraiment grave, comme si la vie était un éternel début d’été et que tout était bon à prendre. Ce soir là quand j’ai sonné chez elle j’avais à l’esprit la finesse de sa taille et ses seins généreux qui m’avaient passablement obnubilé lors de nos précédentes rencontres. Peut-être que j’avais aussi à l’esprit de faire demi-tour, qu’il était encore temps de rentrer chez moi attendre que ma femme ne revienne de sa réunion à Paris. Cette soirée avait des allures de trahison, j’étais veule et j’agissais comme un faible. Je ne connaissais cette fille que depuis une semaine, nous nous étions rencontrés par hasard et j’allais jouer ma vie avec Eva – ma femme s’appelle Eva – sur un coup de rein. J’avais tourné et retourné ça dans ma tête toute la journée, ça m’obsédait, à ce point qu’avant de sortir pour me rendre chez Cathleen j’avais même pensé descendre une douzaine de gin et m’allonger jusqu’à m’endormir, ne décider de rien et laisser passer l’orage (ma lâcheté n'a d'égal que mon alcoolisme latent).
Cathleen m’a ouvert sa porte sur son sourire et une vue en contre-plongée sur ses jambes insensées – j’ai souvent pensé qu’elles dessinaient en creux une flèche pointant l’Origine du Monde - et je n’ai plus douté de rien. A peine entré je l’ai attirée contre moi et j’ai pris sa bouche comme une poire pour la soif, ma langue léchant sa langue pendant que mes mains couraient et glissaient partout sur son corps. Elle a plaqué son bassin contre le mien, pressant mon sexe de son pubis avant que la paume de sa main ne vienne prendre le relais. Le bâton de relais s’entend. Elle portait une jupe courte et un chemisier blanc qui n’ont pas tenu plus longtemps que ses dessous, le temps de nous rendre en piétinant, collés l’un à l’autre jusqu’à la cuisine. D’un mouvement de bassin elle s’est assise sur le plan de travail et relevant ses genoux je l’ai pénétrée tout de go. Ses jambes autour de ma taille assuraient le va et vient, je n’avais pas lâché sa bouche et mes mains s’appliquaient à lui malaxer les seins. J’étais excité à mort, je gémissais elle gémissait et ça m’excitait plus encore, notre échange était devenu bien plus profond que toutes les conversations que nous avions pu avoir elle et moi. Dans un boucan de tous les diables tous les ustensiles du plan de travail se sont retrouvés à terre. Son sexe palpitait maintenant si bien autour du mien que j’ai joui avec elle sans retenue, cessant instantanément de bouger et la gardant plaquée contre moi, enclenché tout au fond d’elle, nos corps parcourus une  minute encore des soubresauts de nos reins.
J’ai relevé la tête de sa nuque et pour la première fois depuis que j’étais arrivé chez elle je l’ai regardée dans les yeux. Cathleen souriait doucement, elle avait le rouge aux joues et le regard enfiévré, elle était décoiffée et terriblement sexy. Nous sommes restés nus silencieux l’un à côté de l’autre un moment, le souffle court et les fesses appuyées sur le bord du plan de travail. Les yeux sur mon sexe j'observais un filet de fluide achever de descendre en rappel de mon gland jusqu’au sol. Nul doute qu'à présent je me sentais morveux. Ma main tenait vaguement le fin poignet de Cathleen, je sentais battre son pouls rapide. Ce que j'avais à l'esprit maintenant c'était de me rhabiller vite fait et de rentrer chez moi prendre une longue douche purificatrice. Je me sentais morveux et j'ai pensé à ma femme, merde merde merde, je souhaitais de toutes mes forces que rien de tel ne fut arrivé.
C'est Cathleen qui a repris l'initiative en me proposant un verre. Je suis passé à la salle de bains pendant qu'elle sortait les verres et la bouteille de gin. J'ai pris une douche rapide. Après tout ce n'étais pas la fin du monde et en frottant bien certaines parties de mon corps j'allais faire face. J'allais déjà mieux quand j'ai coupé l'eau. J'allais prendre un verre avec cette fille et rentrer chez moi, demain serait un autre jour et comme dit l'autre, einmal ist keinmal. 

Vêtue d'un peignoir léger, Cathleen est revenue de la salle de bains à son tour. Elle s’est installé dans le fauteuil en face de moi et c'était plutôt agréable de discuter avec cette fille qui riait beaucoup, se fichait éperdument du monde et fredonnait Gloria dans le texte ( Jesus died for somebody's sins but not mine). Deux heures extras ont passé avant que je ne la quitte pour rentrer chez moi. Nous avions discuté joyeusement et descendu trois ou quatre gins tonic, avant de refaire l'amour, dans son lit et cette fois avec douceur ses caresses m’avaient trouvé la peau.
Après quoi nous étions restés emboîtés, vaporeux et silencieux jusqu'à ce que je me décide à partir. C'est elle qui m'a gentiment rappelé qu'il était déjà vingt deux heures trente, je crois que quant à moi j'aurais pu oublier ma vie et passer le reste de la nuit dans son lit jusqu’à partager l’aube d’un nouveau jour.
A tout le moins baiser encore une fois.
Je suis sorti de chez elle dans la nuit et parti chez moi à pied. Les passants étaient rares et semblaient pressés de rentrer. J’ai pensé à La Lenteur de Kundera et j’ai parcouru le kilomètre qui me séparait de chez moi sans me presser, me forçant à respirer profondément et ralentir mes pas,  reprenant doucement le fil de mon histoire. Je ne voulais rien oublier de ce qui venait de se passer, mais peut-être que rien n’était vraiment arrivé non plus. Il s’agissait de reprendre connaissance, de reprendre pied dans le réel, de refermer cette parenthèse enchantée. J’avais l’impression de sortir du cinéma, le film avait été extraordinaire et j’en étais encore tout imprégné mais maintenant la séance était terminée et je rentrais chez moi dans la fraîcheur humide d’un soir d’automne.
Eva a tout su (une collègue d’Eva voisine de Cathleen m’a balancé) et m’a quitté pour ça, dès le lendemain. Je crois me souvenir que j’ai accepté mon sort et que j’ai tout avoué, que je n’ai pas vraiment lutté avant de la laisser partir. Ca arrive. Ca arrive qu’on fasse le contraire de ce qui est bon pour soi. J’aimais tellement Eva. J’aimais tellement Eva que j’ai couché avec une anglaise rigolote aux gros seins.
Peut-être est-ce le Démon qui me taraude l’âme, peut-être est-ce le besoin de me sentir en vie, de me montrer bravache à moi-même. De m’en mordre les doigts jusqu’à la surprise du sang, après tout le bonheur est si prévisible.

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Published by Marcus K7 - dans Marcus K7
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commentaires

poupoune 16/02/2011 23:11



Comme mister de Neyr, j'ai re-relu - pas vraiment pour le plaisir, mais surtout pour qu'il soit pas dit que j'ai pas relu autant que lui - et comme mister de Neyr, rien à redire. Mais je le
dis quand même.


La forme colle parfaitement au fond (et je ne parle pas de votre forme physique qui collerait à je ne sais quel fond que vous pourriez imaginer...) et l'ensemble est superbe.


Encore bravo, mais faudrait voir à pas vous endormir sur vos lauriers. Quand même.



Marcus K7 18/02/2011 16:43



Je vous paie une bière aussi alors ?



Chris de nEYR 13/02/2011 17:34



Juste parce que j'ai relu -pour le plaisir, c'est la troisième fois... Admirable, vraiment (il y a tout, tout tout!)



Marcus K7 18/02/2011 16:42



Je vous paie une bière ce soir (juste parce que vous me mettez la pression. Si, j'ai parfaitement le droit de faire ce genre de blagues sur mon blog.)



chris de neyr 14/01/2011 09:03



à la 3ème phrase il manque "en", hein... enfin il manque un "en"... enfin vous voyez quoi...



Marcus K7 14/01/2011 13:15



"l'idée en elle-même" vouliez-vous dire....



CHRIS DE NEYR 13/01/2011 18:21



MAGISTRAL (pour l'homme-lecteur qui est en moi)


EPOUVANTABLE (pour l'homme-amoureux qui est en moi)


MONSTRUEUX (pour l'homme-trompé qui est moi)


 


 


NDLR: elle a raison Miss Poune : en préambule, cette merveille...



Marcus K7 14/01/2011 13:14



(Rarement eu commentaire aussi déchiré.)
Finalement on penset connaître les gens et ils vous surprennent. Ca doit être aussi pour ça qu'on les aime.


NDLR : En tous cas à vous comme à Miss Poune, merci pour l'idée du prologue, bon sang mais pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt à cette super idée alors que je galérais comme un galérien ?
Hein ? Halala, merci merci merci...(vous non plus n'êtes pas anglaise ?)


 



poupoune 12/01/2011 15:21



si j'avais été une anglaise sensuelle à gros seins briseuse de ménage, j'aurais aimé briser le vôtre.


(j'ai pas déjà fait ce comm ? Si, hein... 2 fois, ouais...)


Moi, je pense que ce texte ferait un prologue parfait à l'ensemble. 



Marcus K7 14/01/2011 13:07



Comment ça, vous n'êtes pas anglaise alors ?
(Mmm..non me semble pas que vous l'ayez déjà fait..m'en souviendrais...)

En tous cas à vous comme à Chris de Neyr, merci pour l'idée du prologue, bon sang mais pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt à cette super idée alors que je galérais comme un galérien ? Hein ?
Halala, merci merci merci...



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