Je gagne je gagne je gagne! Toujours moi qui gagne !
Toutes ces victoires sont presque indécentes et chaque fois je me dis qu'il ne reviendra plus, que je l'ai assez humilié. Mais malgré cela il revient, homme de peu de fierté (Il m'est arrivé, simplement en fermant les yeux, de le voir lever vers moi ses yeux implorant mon pardon, son corps rouge annelé et velu rampant dans la vase).
Alors de nouveau nous jouons. De nouveau je le domine, et de nouveau je gagne.
Je sais que ce n'est pas exactement ce qu'il raconte autour de lui.
Il se plaît à dire à qui veut l'entendre que ses visites sont autant de victoires éclatantes et que sa maîtrise est magistrale. Que son adversaire le déçoit, qu'il triomphe sans gloire. Je sais cela.
Il me méprise.
Pauvre de lui et de son attitude. Le pauvre perdant!
Pour ma part je n'y vois que la justification de son malaise, la pénible mise en scène de ses névroses.
Le symbole de son impuissance vitale. Calmement.
Soit. Que cet hideux ver de vase persiste à imaginer que la distance m'empêche de connaître ses velléités.
De toutes façons j'évite d'aborder le sujet, tant le sujet m'est pénible. L'idée même de l'évoquer avec lui me ruine le moral. Je n'ai plus de patience. Il me déprime bien plus sûrement qu'une overdose de laudanum.
De fait je dois bien me l'avouer, je préfère rester seul, je n'ai plus aucune raison de continuer à supporter cet individu. Constatons. Peu de conversation, monomaniaque du je, flatulent satisfait de son oeuvre, vaniteux péremptoire et menteur menteur menteur, trois fois menteur.
Que n'ai-je passé l'hiver à subir son manque d'altitude ?
Ma décision est prise, dès demain je ferai en sorte que cela cesse, j'irai voir l'infirmier et le prierai de signifier à ce sinistre personnage que sa simple présence liquéfie mes selles et que je ne souhaite plus jouer avec lui.
A moins que nous ne jouions à autre chose, une dernière fois ?
Le voilà qui arrive. Il sourit.
Quand j'avais vingt ans je savais ce que je voulais.
Je voulais passer mes journées à lire John Fante et Richard Brautigan.
Et je me moquais bien des motards et des filles enlacées à leur taille,
tout autant que des boîtes de nuits rances et des jeunes filles en sueur.
C'était moi le sacré veinard qui avait trouvé le bon filon. C'était moi l'heureux homme.
J'étais le serrurier et j'avais le passe qui ouvrait les portes de l'esprit libre et sauvage.
Celui-là même qui refusait la fuite dans la frénésie de la danse ;
alors ni une ni deux, je me suis installé dehors sur la
terrasse, et j'ai lu.
Il pouvait bien faire chaud cet l'été là, moi j'étais le seul,
au milieu de nulle part, et ça baignait.
-" Tu y crois toi ?"
-" A quoi ? "
-" Ben à ce truc là, qu'il y aurait autre chose, là-haut . Qu'on ne disparaîtrait jamais tout à fait et qu'après il y aurait un Au-dessus."
-" Heu...franchement..."
-" Tu n'y crois pas en fait ? "
-" Non, je ne peux pas dire ça comme ça, je n'ai pas toutes les réponses.
Mais bon, faut avouer que ça ressemble quand même beaucoup à une trop belle histoire non ?
Tout ce truc de la vie, du mouvement...Franchement c'est un peu gros non ?
Regarde nous, âmes libres et immatérielles, est-ce que tu peux nous imaginer prisonnières d'une espèce de machine organique ? Il existerait des entités cellulaires complexes et autonomes ?
Des corps ils appellent ça. Sérieusement.Tu peux croire à ça toi ?
Moi j'ai beaucoup de mal ne serait-ce qu'à l'imaginer. Et attends ce n'est pas fini, la Légende raconte même qu'Au-Dessus, les âmes incarnées s'épanouiraient à se mouvoir, à s'agiter, voire à se toucher l'une l'autre par corps interposés ? Mais vraiment, n'importe quoi!!! C'en est presque risible.
Excuse-moi mais c'est vraiment prendre les âmes pour des connes non ? Tu ne crois pas ?
Regarde ce truc débile, ici au chapitre XII, cette illustration d'un corps frénétique, tordu en tous sens, cela s'appelle la danse je crois, et ici chapitre LXIX, ces corps enchevêtrés qui se cognent,
et on voudrait nous faire croire qu'on peut y voir une forme de paradis ?
Ah non vraiment, je te le dis comme je le pense, trop c'est trop.
-" Bref tu n'y crois pas du tout ?"
-" Je crois qu'il y a peut-être quelque chose. Soit.
Mais pas ce genre de vulgarité tout juste bon à faire rêver les âmes faibles.
De toutes façons c'est simple, on peut raconter ce qu'on veut,
personne ne pourra le prouver, jusqu'à preuve du contraire,
aucune âme n'est revenue témoigner de ce soi-disant paradis des âmes matérielles.
Et ça c'est imparable.
Alors je reste une âme libre et immatérielle et je vous laisse à vos sornettes charnelles."
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- "Tu peux me gratter là s'il te plaît ? Ah ben non c'est vrai tu peux pas."

NDLR : Grâce soit rendue à l'auteur (anonyme?) de ce cliché pour cet instant de toute beauté dérobé à notre mère nature.
La saucisse sauvage est une espèce en voie d'extinction, et les derniers recensements laissent penser qu'il en subsiste encore aujourd'hui à peine quelques dizaines*.
Nous sommes ici en présence d'une femelle adulte de taille fort respectable.
A noter qu'à la saison des amours, les femelles saucissses grimpent aux arbres afin de resplendir dans les rayons du soleil printanier et ainsi d'attiser la curiosité des mâles de leurs cris haletants.
*Source WWF
(Assis sur un banc Gare du Nord) Je respecte la consigne.
Il n'en a parlé à personne.La preuve.
Fin.
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NDLR : En fait que je vous raconte, au début j'avais écrit ça, le truc au-dessus là, pour le site Parole
Plurielles, Je voyais ça comme une fulgurance.
- "Mais ouais, c'est ecZactement ça, carrément trop fort Bobby (seul avec moi même je m'appelle Bobby), tu vas tous les scotcher, tu vas profondément leur déchirer le cortex!"
A ce stade du récit, je suis parti manger, ça a refroidi, j'ai relu, et fus pris d'un doute affreux.
- "Pffff, tu crains vraiment avec tes textes misérables mon pauvre Bobby, ce que tu me fatigues avec tes provocations puériles & stériles, ne grandiras-tu donc jamais que j'ai encore ainsi à
subir ces havanies ?"
Et paf, je me suis mis une bonne claque sur le bulbe rachidien en me traitant d'ordure histoire de bien montrer qui c'est qui commande
dans cette baraque bordel à moustiques!!!
Je me suis demandé si j'en voulais une autre et finalement non, je me suis dit que ça irait.
Et c'est après donc, sous la torture, que j'ai écrit le petit texte "Tracas" que j'ai envoyé à Carole Murielle qui
l'a gentillement accepté (Hein ? Plurielle ? Oui oh c'est pareil, m'embrouille pas ste plait, c'est déjà pas facile t'es gentil...)
Au début j'avais compris qu'ils remunéraient chaque texte à 1 euros le caractère.
Mon texte faisant 1000 caractères je m'étais dit "Au poil, je vais pouvoir m'acheter beaucoup de shampoing!"
Mais non c'est beaucoup moins en fait. Ils publient juste ton texte,
c'est tout. Mais bien sûr, oui, c'est déjà vraiment formidable. Qui plus est de l'argent j'en ai déjà, alors que des commentaires dythirambiques pas tant que ça si on regarde
bien.
En quantité cela s'entend, je ne veux vexer personne.
Voilà, je crois que j'en ai fini pour aujourd'hui. J'espère ne pas vous avoir mis en retard et vous revoir bientôt.
A moins que je ne vous raconte une petite anecdote encore fraiche à ma mémoire ?
Bon, allez.
Alors voilà, je marchais dans la rue, quand malencontreusement, une femme tombe séchement sur les genoux, pile devant moi. "Outch!" je me dit tout à ma commisération. "Aïe" dit-elle tout à
terre.
Je l'aide à se relever, ce pour quoi elle me remercie, et, me montrant son genou droit écorché et sanguinolent, me demande :"
-" Merci Monsieur, mais, sans vouloir abuser de votre bonté, voyez l'état de mon genou, il est tout abîmé et je souffre, n'auriez- vous pas une petite compresse ?
-" Une petite compresse Madame ?"
-" Ben oui, une petite compresse." qu'elle me fait.
Alors je l'ai regardée et je lui ai répondu "Ha non Madame" et je suis parti.
Voilà, cette fois c'est vraiment terminé. Je vous embrasse.
Mais comme - apparemment - vous ne connaissiez pas l'histoire originelle, j'ai fait un flop de flop.
Une sorte de métaflop donc.
Mais ce n'est pas grave, rien que pour écrire métaflop ça valait le coup....
Métaflop métaflop, on dirait un cavalier qui surgît hors de la nuit...




